L'INTEROPÉRABILITÉ EN GÉOMATIQUE

SOMMAIRE


L'interopérabilité, c'est s'assurer que tout le monde parle la même langue dans une pièce remplie de gens venant du monde entier. En géomatique, ces "gens" sont des logiciels (QGIS, ArcGIS), des bases de données (PostGIS) et des capteurs.

Pourquoi est-ce crucial ?

Imaginez un projet d'urbanisme mélangeant : * Le cadastre en format Shapefile (Esri). * Le réseau d'eau en AutoCAD (DWG). * Des photos satellites en GeoTIFF.

Sans interopérabilité, vous passeriez 80 % de votre temps à convertir des fichiers. Elle permet de superposer ces couches instantanément.


I. Les Trois Piliers de l'Interopérabilité

Pour qu'un système soit réellement interopérable, il doit répondre à trois paliers :

  1. Interopérabilité Technique : Capacité des systèmes à communiquer physiquement (protocoles réseaux, formats comme le GeoJSON ou le GML).
  2. Interopérabilité Sémantique : Garantie que le contenu est compris de la même façon (ex: définir si une "forêt" commence à 10% ou 30% de couvert).
  3. Interopérabilité Organisationnelle : Cadres juridiques et partenariats pour le partage entre administrations.

II. L'ISO / TC 211 : Le Cadre Théorique

Le Comité Technique 211 de l'ISO définit les modèles conceptuels (série 19100). C'est la "Loi" de la géomatique.

Les Normes Clés à connaître :

  • ISO 19111 (Référencement Spatial) : Définit comment décrire la position sur Terre (projections).
  • ISO 19115 (Métadonnées) : Le "CV" de la donnée (auteur, date, précision).
  • ISO 19110 (Catalogage) : Définit ce qu'est un objet (ex: la définition d'une "rivière").

III. L'OGC : Le Bras Armé Technique

L'Open Geospatial Consortium transforme les concepts de l'ISO en outils informatiques concrets.

1. Les Services Web Géospatiaux

L'OGC permet de consulter des données à distance sans les télécharger : * WMS (Web Map Service) : Le serveur envoie une image (raster). Idéal pour les fonds de plan. * WFS (Web Feature Service) : Le serveur envoie les vecteurs (points, lignes). Permet l'édition. * WMTS (Web Map Tile Service) : Version optimisée par "tuiles" pour une rapidité maximale (type Google Maps).

2. Les Formats de Données Ouverts

  • GeoPackage (.gpkg) : Le standard moderne, léger et universel.
  • GML : Format XML complet pour le transfert d'objets.
  • KML : Standardisé pour l'affichage dans des globes virtuels (Google Earth).

IV. La Mise en Application : La Directive INSPIRE

La directive européenne INSPIRE est l'application politique de ces standards.

Objectif : Créer une Infrastructure de Données Géographiques (IDG) européenne. Obligation : Les pays membres doivent publier leurs données selon les normes ISO et les standards OGC.

Résultat : Un expert français peut croiser des données d'inondations espagnoles avec des données allemandes sans aucune manipulation technique complexe.